Aux oubliées

Aux oubliées est une initiative qui a pour but de distribuer des livres, personnalisés par un mot, une lettre, une inscription de cadeau à des femmes en prison. Les donateurs sont vous, nous, des personnalités du monde des arts, de la politique, du sport, des entrepreneurs mais surtout des inconnus, tous ceux qui ont envie de faire un don à des femmes privées de tout.

Le projet

Quel livre, offririez-vous à une femme en prison ? C’est par cette question que commence l’aventure de collecte de livres avec message pour faire oublier leur réalité aux femmes incarcérées, le temps d’une lecture, mais également pour générer une réflexion et un débat autour d’un collectif de personnes oubliées de la société : les femmes détenues.

« Aux oubliées » est une initiative culturelle, féministe, poétique et solidaire lancée en Espagne, il y a un an, par Maria Rufilanchas… Lors de la toute première édition, elle a collecté près de huit cents livres dédicacés en seulement quatre semaines, grâce aux réseaux sociaux. Elle s’est rendue à la prison Del Soto à Madrid, a distribué les livres récoltés aux femmes détenues, a instauré un dialogue autour du pouvoir de la littérature, et leur a offert un moment de partage. Cette première expérience a récolté un tel succès qu’elle en a appelé une autre. Trois prisons plus tard et plus de trois mille livres distribués, cette initiative souhaite se répandre partout en Espagne, et dans le reste de l’Europe. Et elle s’encre aujourd’hui en France…

Le système pénitentiaire en France

La condamnation d’une femme va bien au-delà de la privation de sa liberté. En effet, le système pénitentiaire a été créé pour les hommes et il n’est pas adapté aux femmes.

Il n’existe aujourd’hui qu’une seule prison uniquement pour femmes en France, elle est à Rennes. Les autres centres de détention pour femmes sont des quartiers de femmes dans des prisons « mixtes ». La stricte séparation des lieux d’hébergement des femmes et des hommes s’accompagne en théorie d’une possibilité de participer à des activités mixtes. Dans les faits, les « quartiers femmes » au sein des établissements qui accueillent des hommes et des femmes sont généralement enclavés, isolés du reste de la détention, ce qui rend l’accès aux différents services – comme les services médicaux, la formation ou les ateliers – plus difficile pour les femmes. Et ce d’autant qu’elles doivent être accompagnées dans tous leurs déplacements. Dans ces établissements, les femmes n’ont donc, en pratique, pas accès à la majorité des activités, d’abord pensées pour le plus grand nombre : les hommes.

Les questions

Pourquoi des livres ?
Les livres sont comme un baume pour l’âme. Quand ils ne divertissent pas, ils permettent d’apprendre, de s’ouvrir, d’oublier ou encore ont le pouvoir d’aider à décider du nouveau cours d’une vie… Nous ne savons jamais où un livre va nous transporter. Nous croyons seulement en son pouvoir.

Pourquoi un mot ?
Les messages sur la première page du livre sont l’âme de cette initiative.

Acceptons-nous des livres non personnalisés ?
Nous sommes désolés mais non. Nous ne sommes pas une ONG de livres. Les messages sont véritablement le point central de cette initiative.

Quel type de livre ?
Vous avez toutes les libertés, alors a vous de choisir… Un livre pour rire, ou bien un autre pour voyager ou pour inciter ces femmes à prendre des décisions importantes à leur sortie ? Fiction ou histoire ? Neuf ou d’occasion ? Essai ou biographie ? Court ou long ? C’est l’exercice de la liberté… Et les livres peuvent également être des livres étrangers, toutes les femmes détenues ne sont pas françaises.

Je peux envoyer des livres quand je veux ?
Oui. Si une campagne est en cours, votre livre sera distribué à cette occasion. Et sinon, il sera conservé pour la campagne suivante. Il y aura toujours de prisons à visiter, des femmes à soutenir.

Qui se cache derrière cette initiative ?
À l’origine de cette initiative, une femme fondatrice de la marque sociale espagnole « Teta y Teta » Maria Rufilanchas, responsable de produits féministes qui cherche à désexualiser les seins, à faire en sorte que leur représentation ne soit plus tabou. En France, cette initiative est portée par Laure Gomez-Montoya, Debora Kahn-Sriber et Karine Vincent des femmes engagées pour l’émancipation des femmes…